Jacques Cousin


exposition du 17 janvier au 23 février 2014

Tunisie sensible

      

Derrière les photographies de Jacques Cousin, dans un hors champ presque nié, il y a les images et les souvenirs d'une actualité brûlante. Un contexte, en suspens, qui résonne dans ces espaces intemporels écrits par le photographe, décors d'une désolation, entre déconstruction et reconstruction. L'écho des cris de la révolte, poings levés, foules hurlantes, un printemps en cours dont il s'est décalé.
2011 en Tunisie.
Jacques Cousin pose sa chambre photographique. A l'antipode des événements, il fait le choix de revenir aux origines de la photographie en travaillant avec des plaques de verres sensibilisées au collodion, procédé qui permet d'obtenir des clichés d'une grande finesse et une gamme de gris très étendue.
Pas d'instantané. La pose est lente. L'immobilité est saisissante. Le mouvement se ressent, se perçoit, se voit.
Pas de violence. Les photographies, hors du temps, extraites, se font les preuves d'un reste, d'un (in)accompli, d'un "en cours" et s'attardent sur une émotion, latente.
Portraits humains, architecturaux et végétaux, figures décalées d'un "à côté", natures mortes d'un pays en effervescence, loin, très loin des images des reporters relayées dans la presse. Mais derrière ces courbes géométriques, ces lignes, ces contours incertains, ces lumières, l'idée de transition est omniprésente.
Il émane des images de Jacques Cousin une profondeur, une subtilité, une chaleur telles que chacune en est extrêmement bouleversante. Le regard s'accroche et se décale avec celui du photographe qui nous transporte loin, très loin des échos de la révolte.

Céline Letournel - novembre 2013
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